• Lilie Randrianasolo

Projet Jeune Leader plus grand et plus résilient

« Tous les collégiens méritent d’avoir accès à l’information et au soutien pendant leur adolescence. La distance et l’enclavement ne doivent pas nous limiter de leur offrir une éducation complète et innovante sur la sexualité.»


Ces mots définissent les plans d’actions de l’expansion des activités de Projet Jeune Leader. Depuis notre création en 2013, nous n’avons cessé d’étendre les zones d’intervention. Au bout de 6 années nous avons couvert 20 collèges publics répartis dans les régions Haute Matsiatra, Amoron’i Mania et Vakinankaratra. Chaque nouveau collège partenaire témoignait un grand intérêt à ce que les Jeunes Leaders et Projet Jeune Leader en lui-même leur proposaient. Chaque cours recevait des avis positifs des personnels administratifs, chaque activité de sensibilisation de masse ramenait des visiteurs par centaine, chaque programme extra-scolaire intéressait les élèves et les parents. Pour nous, cet accueil signifiait que nos efforts ne sont pas vains, et que le besoin de connaissance et de soutien pour les jeunes est encore présent.


Nos équipes de suivi des animateurs, ainsi que les équipes de suivi des activités ont visité au moins une fois chacun de ces collèges partenaires. Force est de constater que plus les communes et collèges sont enclavés, moins les jeunes collégiens ont accès à des soins et des services pouvant leur apporter une éducation complète à la sexualité. Dans les collèges en milieu rural, les espaces dédiés aux jeunes et leur garantissant la sécurité se font rares. Dans ces endroits, nos animateurs éducateurs peuvent leur offrir des séances de sports, de danse ou de lecture, le tout dans un cadre sécurisé. C’est pourquoi nous avons décidé cette année de visiter des collèges en milieu rural pour nos projets d’expansion.


Pour les expansions envisagées pour la prochaine année scolaire, Mihaja, notre Coordonnateur Suivi évaluation a sillonné les villages de la région Amoron’i Mania, pendant 2 semaines. Il a visité 22 collèges du district de Fandriana. En parcourant ce district, il a observé que certains des collèges sont très enclavés, comme celui de « Ambolotara » où il n’y a pas de transport en commun, ni de routes praticables. Mais cela a permis de voir la réalité de ces collèges, et malheureusement de constater que beaucoup de jeunes malgaches n’ont pas accès à des connaissances plus que nécessaires dans leur transition saine vers l’âge adulte.



Depuis nos débuts nous avons mis en place des critères d’effectif des collégiens et d’accessibilité dans la sélection des collèges partenaires. Tous nos collèges partenaires ont au moins 200 collégiens en leur sein, et sont accessibles pour nos animateurs, au moins avec des transports en commun. Cependant cette descente sur terrain a permis de soulever le cas de zones très reculées, où les transports sont quasi inexistants. Certains collèges n’ont pas l’effectif que nous estimions minimal pour un potentiel partenariat avec nous.


Les cas des adolescents en milieu rural ne sont pourtant pas différents des adolescents en ville. Tous les collèges visités ont eu des cas de grossesse précoce, au moins un cas par année scolaire. Et les manques d’espace dédié spécialement aux jeunes et des informations fiables sont plus importants qu’en ville. Tous les collégiens méritent d’avoir accès à l’information et au soutien pendant leur adolescence. La distance et l’enclavement ne doivent pas nous limiter de leur offrir une éducation complète et innovante sur la sexualité. Nous ne voulons et ne pouvons pas nous laisser freiner par ces situations.


Dans les réunions d’échange et de coordination des activités, nous nous sommes convenus de nous pencher sur ces cas. Comment offrir PJL au maximum de collégiens, surtout en zone rurale ? Nos projets d’expansion dépendent en grande partie de ces visites sur terrain. Nous sommes convaincus que les qualités remarquables et l’efficacité et le professionnalisme exceptionnels de nos éducateurs sont un atout en amont pour relever ce défi et apporter soutien et informations à ces adolescents. Les études menées par nos équipes de suivi et les feedbacks de nos bénéficiaires nous ont permis de mettre en relief que les soutiens de nos bénéficiaires et leur appréciation de nos activités constituent une forte résilience et une grande base de pérennisation. Nous sommes conscients de cet ancrage dans nos zones d’intervention actuelles et sommes plus qu’heureux d’avoir ce soutien infaillible. Nous nous sentons victorieux de cet effort de redevabilité, surtout si nos bénéficiaires le ressentent.